Pierre de Roqueville

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La Pierre de Roqueville, à Méric AYGUESVIVES

Au début du 14 éme siècle, la situation économique du Lauragais et du Languedoc se dégrade ; si une longue période de progrès économiques  et démographiques se déroule aux 12éme et 13 éme siècles, la Croisade contre les Albigeois et les destructions corrélatives sont certainement un frein à cette expansion ; la seconde moitié du 13 éme siècle est une période de redressement (1). La poussée démographique semble se confirmer à la fin du 13 éme siècle. Et, malgré des défrichements et quelques progrès techniques, les campagnes présentent des densités très élevées que Wolff situe vers 100 habitants au kilomètre carré (2), un surpeuplement menace.

Durant les premières décennies du 14 éme siècle, les difficultés commencent ; de mauvaises récoltes, un climat qui peut-être se refroidit, conduisent vers des disettes ou famines qui, presque toujours, se conjuguent avec des épidémies (3). C’est dans ce cadre que la région de Montgiscard traverse une crise démographique durant les années 1304-1305 ; la « peste » correspondant à une épidémie meurtrière.  Roqueville semble protéger les populations et celles-ci, reconnaissantes élèvent un autel votif à la vierge Marie ; il s’agit de la « la pierre de Roqueville » à Méric

(1)    P. WOLFF : « Rôle de l’essor économique dans le ralliement social et religieux » Cahiers de Fangeaux n° 20 – 1985 pages 243-256   http://cahiersdefanjeaux.com/index.php/fr/20-effacement-du-catharisme

(2)    Des densités comparables seront retrouvées au 18 éme siècle, vers 1760-1780 ; mais les campagnes du Lauragais seront sauvées des famines (1708-1710, 1752-1753, 1795) par une nouvelle plante, le maïs, devenue la base de l’alimentation humaine ; au 14 éme siècle le maïs est inconnu.

(3)    M. BERTHE : « Famines et épidémies dans les campagnes navarraises à la fin du Moyen Age » Thèse d’État -  1984 – 2 Tomes   http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1983_num_127_2_14050

La chapelle vendue comme bien national en 1792, les pierres sont dispersées et l’une d’elles et venue à Méric.

 

Description :

-    Dimensions : Longueur 40 cm, Largeur 38 cm, Epaisseur 6 cm.

-   Lettres : Gothiques majuscules, Dimensions variables : 3 à 5 cm, Disposées sur 5 lignes séparées par une barre de 1 à 2 mm de profondeur.

Une barre d’encadrement, détruite sur le côté droit. Sur les quatre premières lignes des points disposés verticalement sont intercalés entre les mots.

A la fin : 4 lettres : A D - A E

Est-ce les initiales des consuls de Montgiscard ?

 

Développement :   

Anno Domini millesimo trecentesimo

quinto decimo tertio kalendas maii

fuit edificatum illud haltare Beatoe Marioe

Traduction :           

En l’année 1305, le 13 des calendes de mai

Cet autel fut érigé en l’honneur de la bienheureuse

Marie.

Nature de la pierre : du gré dur

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